Nous inaugurons aujourd'hui une (longue) série de billets concernant les nombreuses péripéties que traverse la France depuis quelques années. Certains vont considérer que je participe à une entreprise de désinformation, de décrédibilisation et d'anti-patriotisme. Mais les faits sont têtus (copyright Vladimir Illitch dit Lénine. Et non pas John dit ...... bref). Pas une semaine sans qu'une information ne vienne réconforter l'idée que la perte de puissance et d'influence de l'ancienne grande puissance semble inéluctable et irréversible. Je déplore cette situation, d'autant plus que d'autres pays semblent se porter bien mieux, malgré un environnement économique peu propice à la croissance.
Ce n'est pas en se voilant la face, et en pratiquant l’auto-persuasion optimiste que la courbe de l'échec va s'inverser. J'entends là encore les vigies nationalistes, les parangons de la grandeur française montrer leur dégoût de lire tant d'inepties, d'inexactitudes, de pessimisme outrancier. Je ne peux que les comprendre, ces nostalgiques de la France d'avant, celle des Bourbons ensoleillés, des bonapartistes conquérants, des gaullistes universalistes. Mais soyons objectifs. Quand la France a-t-elle pour la dernière fois fait preuve de puissance. Quelle guerre la France a-t-elle réellement gagné depuis Napoléon? Je parle de véritable guerre, contre des vrais soldats, équipés de vraies armes, défendant une autre puissance. Aucune. Sedan ? défaite. 14-18 ? remercions les alliés. 39-40 ? remercions là encore les alliés, mais franchement une défaite, une honte d'ailleurs pour ces militaires tellement persuadés à l'époque que la ligne Maginot dissuaderait l'ennemi de toute velléité conquérante, tellement imbus de leur force, engoncés dans leur uniforme alourdis de médailles d’autosatisfaction, et plus préoccupés d'occuper les palais nationaux et de jouir des largesses de la République que de consulter des manuels de stratégie. Ils manquaient d'occupation ces multimédaillés du néant. Ils ont fini par l'avoir l'occupation. Bref.. Je disais donc. L'indochine ? une défaite. L'Algérie ? une défaite. La Côte d'Ivoire ? Une dizaine de militaires français furent tués dans un raid surprise de l'aviation ivoirienne. Ne pas avoir anticipé cela, c'est un peu comme si on n'avait pas imaginé que l'eau ça mouille et le feu ça brûle. Mais ils l'ont fait ces stratèges ! Ils ne l'ont pas envisagé. Et les radars ? et les services de renseignement ? ils faisaient quoi ? Bridge ? Poker ? Mille Bornes ? Jeu de Dames ? Ah non.. Jeu d'échec.. Bon et l'Afghanistan dans tout ça ? a priori une défaite. Qui sera le prochain ? Je propose le Luxembourg.. la Belgique.. Andorre ! On est quasi certain de ne pas perdre.
La seule victoire de la France, c'est en réalité une non participation. Le NON à la seconde guerre d'Irak. La stratégie de l'évitement qui, rendons à César ce qui lui appartient, fut particulièrement justifiée et bien réfléchie. D'ailleurs, c'est vrai, ne soyons pas mesquins ou totalement défaitistes, il y en a eu des victoires. Dans les domaines économique, diplomatique, culturel, sportif. Quelques batailles de nature militaire même, contre des soldats armés de machettes et équipés de tongs ont été remportées avec fierté, chars Leclerc et avions Rafales invendus à l'appui. La stratégie du fort contre le faible. Ça marche à tous les coups en termes de communication. L'opinion publique est rassurée. Oui ! "Chérie on a encore battu les papous ! Oh formidable mon chéri. Remet moi donc encore un Rafale dans le budget". Mais la vraie puissance, celle de nature géopolitique, celle qui met tout le monde d'accord quand des criminels aigris entreprennent de conquérir le pouvoir en envahissant les voisins, où est-elle passée ? Aux oubliettes de l'Histoire. Il y a eu de Gaulle, c'est vrai. Mais dire cela, c'est un peu comme se soulager du fait que l'orchestre du Titanic a continué de jouer avant de sombrer, tête haute mais mains mouates.
A suivre...