lundi 14 mars 2011

Nuclear Leaks in Paris?

Ce Monsieur, tout à fait respectable au demeurant, travaille pour l'Autorité de Sûreté Nucléaire en France. Sans vouloir être méchant, je pense qu'il y a eu une fuite de matière radioactive à l'ASN et que personne n'a été mis au courant.. 


Source : BFM TV
Ah.. on m'informe que je suis cité à comparaître pour diffamation.. je vous laisse donc..

Maj : merci à notre lecteur qui nous envoie cette excellente video des Inconnus.. CQFD comme on dit non ? ... :)

dimanche 13 mars 2011

L'alibi de Sarkozy

Il y a comme une envie d'en découdre chez Sarkozy. Il s'est rétamé avec la révolution tunisienne et la déroute de son ami Ben Ali. Il n'a rien vu venir en Egypte chez son pote Moubarak. Alors, il veut se rattraper. Il ne veut pas qu'on dresse de lui un portrait de président coupable. Il lui faut donc l'alibi de l'innocence. La Libye ! La Libye ! crie-t-il sans cesse ! Qu'on bombarde la Libye ! tonne-t-il dans sa salle de bain, le matin en se rasant.


C'est vrai, c'est courageux. Pour une fois. La France de Sarko n'est pas attentiste. Elle veut aller plus vite que le son, plus vite que les réunions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, plus vite que Sarkozy..c'est dire. 

Elle veut faire payer à ce Colonel, incapable de s'être auto désigné Général en plus de trente ans d'exercice du pouvoir, d'avoir osé planté une tante dans le jardin de l'Elysée, et d'avoir planté une commande de dizaines de Rafale (tiens ça se faisait longtemps..vous noterez que je n'ai pas évoque le crash d'un Mirage 2000 N en France.. encore un crash.. besoin d'Optic 2000 plutôt dans l'Armée de l'Air et l'Aéronavale..Bref.. passons..Après tout..je ne suis pas pilote..je ne peux pas comprendre..). 

La Farce, pardon la France de Sarko veut faire oublier son intimation à Laurent Gbagbo de quitter le pays sous 48 heures..(ça fait plusiseurs mois.. l'intéressé est toujours là). Faire oublier le fiasco de l'année du Mexique. Faire oublier la négociation de marchand de tapis imposée par la Russie en ce qui concerne la vente des navires Mistral. Faire oublier le fiasco des Rafales. Faire oublier une armée de ministres aussi nuls les uns que les autres et qui en 4 ans se sont succédés. Faire oublier le bide de l'Union pour la Méditerranée avec ses anciens camarades Ben Ali et Moubarak. Faire oublier une politique étrangère soumise à la volonté de Washington et Tel Aviv. En faire oublier Sarkozy lui-même.. dans un élan de lucidité.

Il veut laisser l'image d'un type qui défend la démocratie. Alors il tape. Il tape fort ! Mais quand il tape ça ne fait pas Boum ! Ca fait Pshit ! Pourquoi ? Dans sa volonté de taper sur la Libye, il est seul. D'ailleurs, la Libye a rompu ses relations diplomatiques avec la France. Et oui. Et avec les autres ? Les USA ? La Grande Bretagne ? Les pays arabes? Les pays européens ?Ces pays qui n'ont pas été beaucoup plus tendres et réclament aussi une "no fly zone". Et non. Rien. Mais avec la France de Sarko qui ne fait plus peur à personne..les pays rompent leurs relations diplomatiques. Le Mexique (officiellement non.. mais ça revient au même). La Libye. Who's next ? 

En attendant, souhaitons à M. Sarkozy de trouver un meilleur alibi pour faire oublier sa présence et son inconsistance au sein de la Vème République. Un ali..bye bye ?

lundi 7 mars 2011

Langley, USA (QG CIA) : un avion mystère rôde

Mais quel est donc cet aéronef que l'on peut distinguer, sur Google Maps, au nord du QG de la CIA à Langley ? Vole-t-il au-dessus du Monocacy River situé à quelques centaines de mètres du bâtiment des renseignements américains ? Ou bien est-il plongé dans les eaux limpides de ce petit coin de nature ? Qui sait ? Il est cependant amusant de constater qu'un avion de ligne peut voler, ou éventuellement s'écraser, à quelques centaines de mètres d'un des bâtiments les plus protégés et sensibles du monde..



vendredi 4 mars 2011

Les USA "en train de perdre la guerre de l'information" (Hillary Clinton)

La secrétaire d'Etat américaine, Mme Clinton, vient de le concéder : les Etats-Unis ont perdu la guerre de l'information au regard des derniers événements survenus dans le monde arabe.  Si le modèle en matière d'information internationale a longtemps été la chaîne américaine CNN, cette dernière a depuis trouvé beaucoup de concurrence sur son chemin. Les britanniques possédaient certes leur fameuse BBC. Mais aucun pays non occidental ne possédait un canal télévisuel international capable de concurrencer les anglo-saxons. 


Finalement, les émirs du Qatar ont tiré les premiers avec Al Jazeera. Puis les Russes avec Russia Today. Sans oublier les Chinois avec CCTV, les Allemands avec Deutsche Welle TV, les Français avec France 24 et les européens avec Euronews. Depuis, la guerre d'influence fait rage. Chacun apporte sa vision du monde et de l'actualité. Chacun tente de séduire les coeurs et les esprits. Avec plus ou moins de succès. Toujours est-il que depuis quelques semaines, CNN semble perdre du terrain. Et ça, c'est aussi une forme de révolution.. 


Voici plusieurs reportages traitant cette nouvelle forme de guerre, non létale en apparence, mais dont les répercutions peuvent s'avérer aussi redoutables que certaines armes plus traditionnelles. 





mercredi 2 mars 2011

Révoltes arabes et expérience de Milgram

L'expérience de Milgram, réalisée dans les années 1960, visait à évaluer le degré d'obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime. Elle a permis d'analyser le processus de soumission des individus à l'autorité et plus particulièrement quand celle-ci suggère, voire ordonne, des actions susceptibles de poser des problèmes de conscience. 


Au cours de l'expérience, un expérimentateur amène un certain de nombres de sujets à soumettre un autre sujet, qui est en réalité un acteur, à une série de chocs électriques (fictifs) de plus en plus puissants dès lors que celui-ci ne répond pas correctement à une série de questions dont il est censé connaître les réponses. Il s'est avéré que la grande majorité des participants (près de 70%) ont continué à infliger de très forts chocs, allant même jusqu'au maximum possible soit plus de 400 volts, ce qui peut être mortel. L'obéissance aveugle en somme. Le conformisme poussé à son extrême. 


Pourquoi ont-ils accepté d'aller aussi loin dans l'administration de souffrances à un individu qui ne leur a rien fait de mal, son seul tort ayant été de ne pas avoir répondu à une question qu'une autre autorité leur a demandé de poser ?


Dès lors que l'individu a le sentiment d'être l'agent d'une autorité, son autonomie décisionnelle s'efface la plupart du temps, à des degrés divers. Le fait de faire le "sale boulot", une cause devenue juste pour lui, et ceci pour une autorité qu'il juge légitime légitimise son action. Son libre arbitre disparaît dès lors. Il se soumet à l'autorité pour exécuter une mission, un ordre inhumain voir imbécile. 


La plupart du temps, le fait d'être déresponsabilisé du fait de l'existence d'une autorité supérieure, a conduit les sujets de l'expérience à ne pas désobéir. En outre, non contents de ne pas désobéir, ils tentent de se donner bonne conscience en tentant de minimiser leur implication dans l'expérience, en aidant par exemple le sujet choqué à répondre correctement aux questions posées, ou bien en demandant à l'autorité présente de confirmer la poursuite de l'expérience, lui faisant prendre la responsabilité de ce traitement inhumain.


L'obéissance aveugle est le ciment des dictatures et autres régimes autoritaires. Pourtant les révoltes arabes ont bien eu lieu, malgré un environnement policier particulièrement immobilisant pour la société civile. Cela a été rendu possible car il existe des facteurs de désobéissance. Parmi eux : la mise à mal, voire la disparition de la cohérence du système hiérarchique; les désaccords entre les membres de l'autorité jusque là respectée.  Constatant une division, le sujet en profite pour se désolidariser et donc désobéir. 


Que s'est-il passé dans les pays arabes? Il y avait pourtant des centaines de milliers de collaborateurs, de sympathisants, de militants proches des partis au pouvoir. Tous ont d'une façon ou d'une autre, à leur niveau, aussi petit soit-il, contribué à renforcer les régimes en question. Une dictature tient car elle morcelle les responsabilités. Chacun exécute, sans remords et sans haine (à l'exception des exécutants des missions les plus inhumaines), une tache banale. Aucun n'a conscience d'être partie prenante au système dans son acception la plus terrifiante. Malgré les faibles salaires des fonctionnaires de ces régimes, ces derniers ont perduré car l'autorité était respectée, soit de façon spontanée, soit de façon dirigée et contrainte subtilement. Au final, cette autorité est respectée car les maillons de la chaîne ont l'impression de faire partie d'un groupe soudé. Se désolidariser du groupe serait vécu, par eux-mêmes et par le régime, comme une trahison.  


Ceux qui se sont révoltés l'ont fait pour une bonne mais simple raison. Ils ne respectaient plus le régime. Pour des raisons politiques ? Pas nécessairement. Pour des raisons sociales avant tout. Mais les régimes ont tous réagi de façon brutale en réprimant les manifestations. En agissant ainsi, ils se sont tiré une balle dans le pied. Ils se sont mis une partie de la population à dos, une petite partie dans un premier temps. Puis les réseaux sociaux, Facebook, Twitter, Bambuser, ont transformé la petite manif en mouvement populaire à grande échelle. Les griefs qui n'étaient jusque là que rarement énoncés publiquement ont soudainement trouvé une légitimité à être dévoilés. Les richesses des dirigeants, leurs méthodes liberticides, la désignation de la corruption endémique, les privilèges des institutionnels, la misère de la population, etc. 


Ensuite, les dissensions au sein de ces régimes ont fait surface: doutes de certains militaires de haut rang quant aux méthodes de répression, démissions successives des politiques des premiers cercles de pouvoir. La couverture des médias étrangers plaçant ces théâtres révolutionnaires en pleine lumière, contrecarrant la version officielle des médias d'Etat, n'ont rien arrangé et ont engendré une prise de conscience de l'opinion publique.


Les conditions de la désobéissance ont donc bien été réunies dans le monde arabe. D'autres facteurs ont certainement joué un rôle majeur. Mais ce qui fut jusqu'alors impensable, surtout dans cette partie du globe dans laquelle les anciens dictateurs bénéficiaient souvent du soutien, sinon de la bienveillance des puissances occidentales, a bien eu lieu. La démocratie n'y est pas encore réelle. Mais elle a de bonnes chances de s'installer, lentement mais sûrement.  


L'invasion de l'Irak était censée dénucléariser et démocratiser une dictature pétrolifère. Il n'y a jamais eu d'armes nucléaires en Irak. Et le pays n'est toujours pas pacifié ni réellement démocratisé. En revanche, le pays a été meurtri et continue de l'être. Des centaines de milliers de morts civils. Des milliers de soldats américains tués pour... pas grand chose.


Et si George W. Bush, Dick Cheney, et leurs conseillers avaient lu les conclusions de Milgram? N'aurait-on pas eu l'opportunité de suggérer les conditions de la désobéissance plutôt que d'imposer les stigmates de la dévastation ?

lundi 21 février 2011

Doha - Bahreïn : 126 kms. Mais Al Jazeera est à mille lieues ..


A la suite des mouvements populaires de contestation politique ayant lieu actuellement à Bahreïn, les chefs de la diplomatie des pays du Golfe (l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, Oman, le Qatar et le Koweit) se sont réunis le 17 février dans le cadre du Conseil de coopération du Golfe. Craignant un éventuel effet domino, notamment après les épisodes tunisiens et égyptiens, ces derniers ont assuré les autorités de leur voisin de leur soutien en déclarant : « Notre sécurité est une responsabilité collective, il n'est pas question d'accepter des ingérences étrangères ». 

Rappelons un instant que parmi ces soutiens figure l'émirat du Qatar. Celui-ci finance une chaîne satellitaire d'information, Al Jazeera (une des concurrentes de CNN, BBC, Euronews et France 24). Or, cette dernière, diffusée à travers le monde tant en langue arabe qu'en version anglaise, s'est montrée particulièrement active lors des révoltes en Egypte, proposant une programmation quasi exclusivement consacrée à cette actualité, et ce pendant deux semaines, au point que les dirigeants américains suivaient en permanence ce qui se passait chez leur allié via ce canal.

En raison de cette couverture en direct, et très orientée en faveur des manifestants, le bureau d'Al Jazeera au Caire dut fermer ses portes. Les journalistes de la chaîne du Qatar furent même agressés dans la rue et leur matériel détruit. Le motif de ces agressions ? "Ingérence étrangère"! 

Et voilà donc qu'aujourd'hui, le gouvernement du Qatar se plaint à son tour de cette "ingérence" dans les affaires intérieures de son voisin le Bahreïn. Al Jazeera n'est pas en reste puisque sa couverture des événements dans les rues de la capitale abritant le commandement de la Vème Flotte américaine n'a rien à voir avec celle consacrée à l'Egypte ou maintenant à la Libye. Aucune couverture en continu. Seulement quelques reportages mettant cette autre révolte au même rang qu'un autre événement dans la hiérarchie de l'information. 
 Il n'est fait aucune mention de la révolte à Bahreïn dans les principaux titres. 
Le 21 février 2011 - 17h30 GMT


Cela peut se comprendre. Le Qatar n'a aucune envie de voir le domino de la révolte atteindre le Golfe Persique, et par là encourager les minorités chiites à remettre en question des émirats ou des royaumes dans lesquels les sunnites sont au pouvoir. De plus, les intérêts économiques sont si importants que la moindre étincelle révolutionnaire risquerait non seulement de déstabiliser leur pouvoir, de porter atteinte au portefeuille des familles régnantes dans cette région, de trop bouleverser les cours du pétrole, mais aussi de renforcer l'influence iranienne. Et cela, ni les Occidentaux, ni leurs alliés arabes locaux, ni les Israéliens ne le souhaitent. 

jeudi 10 février 2011

Belgique : après les tueurs en série, les grèves en série

N'ayons pas peur des mots ! La gente dame qui propose de faire la grève du sexe en Belgique, tant que la situation politique locale n'est pas stabilisée, ne manque vraiment pas de culot !

L'idée qu'elle soumet, eu égard à certains éléments apparaissant sur la vidéo ci-dessous (in)disposée, c'est un peu comme si une malheureuse victime de surendettement, totalement ruinée et interdite de chéquier et de carte de crédit, menaçait le Crédit Agricole, la Société Général et autres BNP Paribas de retirer séance tenante toute son épargne... 

Alors après ces propos absolument scandaleux pour lesquels j’ai d’immédiatement entrepris de me repentir auprès de l’ayatollah local, j'ai également décidé de soutenir, oui de soutenir ! (ce qui ne veux pas dire que je suis derrière elle...) la sénatrice belge Marleen Temmerman. Car après tout, elle n’a peut-être pas tort. Pourquoi ?

1- Parce qu'il ne faut pas se fier aux apparences. La grève du sexe est susceptible de la concerner (ça c'est pour éviter un procès..).
2- Comme elle le rappelle si bien, cette idée mise en oeuvre au Kenya en 2009 avait permis au pays de sortir d'une impasse politique, les mâles locaux n’en pouvant plus de se retenir et de prier le Seigneur. Bon.. certes.. depuis l'eau a coulé sous les ponts de Nairobi, et les méthodes post coïtales ont repris le dessus : corruption et assassinats politiques sont redevenus monnaie courante (Sources : Wikileaks et Le Monde). 
3- Parce que grâce à vos grèves belges à la .. belge, les nôtres apparaissent in fine comme particulièrement raisonnables..  et rien que pour ça, on est bien contents de vous avoir comme voisins. 


"Une grève du sexe, comme au Kenya"
envoyé par Europe1fr. - L'info video en direct.

mercredi 2 février 2011

Egypte / USA / Israël : un peu trop mou Barack ?

Les Etats-Unis et l'Egypte entretiennent des relations diplomatiques particulièrement étroites, notamment depuis une trentaine d'années et les accords de Camps David de 1978 qui ont donné lieu, un an plus tard, à un traité de paix entre Israël et l'Egypte, élaboré sous la houlette de Washington. 

Le partenariat géostratégique qui en découla permit aux Etats-Unis d'ancrer davantage encore leur présence au Moyen-Orient, en appui de l'allié israélien. Pour remercier Anouar el-Sadate (et oui..ça date..), une aide financière est depuis ce temps versée par les Etats-Unis au pays des pharaons (plus de 1,3 milliards de dollars annuels) et des accords de coopération militaire assurent au régime égyptien une protection face à d'éventuels ennemis arabes de la région rancuniers vis-à-vis du raïs d'avoir fait voler en éclat l'unité arabe, contre Eretz Israël, que Nasser avait contribué à construire.

Pendant trente ans, tant Anouar el-Sadate que Hosni Moubarak ont construit un système politique autoritaire sur le dos du peuple égyptien mais parallèlement, ils ont contribué à assurer une certaine forme de "stabilité" dans la région. Les USA et Israël ont favorisé le maintien d'un régime quasi dictatorial qui s'est appuyé sur une police politique particulièrement zélée plongeant des dizaines de millions d'individus dans la précarité matérielle et spirituelle, afin de garantir indirectement la sécurité d'Israël et des voies de communication garantissant le transit maritime de l'or noir vers les ports occidentaux.

L'Egypte n'est d'ailleurs pas la seule dictature du Proche et Moyen-Orient soutenue, protégée et financée par les USA. Un paradoxe pour une grande démocratie? Non. Juste du cynisme, de la realpolitik telle que la pratique toutes les grandes puissances de la planète. Difficile de faire la leçon aux américains.. surtout quand on est une ancienne puissance coloniale. 

La situation a cependant évolué depuis la révolution du Jasmin en Tunisie. La rue arabe, fatiguée d'être soumise par tant de régimes autoritaires, semble s'être réveillée un peu partout, à des degrés divers, sur l'ensemble de l'arc arabo-musulman: Yemen, Syrie, Jordanie. A ce jour, l'Egypte constitue l'épicentre de la révolte. Des millions d'égyptiens ont manifesté pour réclamer le départ de leur président. 

Beaucoup de pays, y compris les USA, ont manifesté leur souhait de voir la transition démocratique s'effectuer en Egypte dans les meilleurs délais. A la grande surprise d'Israël, dont certains hauts dirigeants ont accusé le président Obama de les trahir en laissant tomber l'allié Moubarak au profit des manifestants anti-Moubarak. Pour justifier leurs accusations particulièrement graves, les israéliens agitent quelques épouvantails : les frères musulmans, un nouvel Iran des mollahs à leur porte, l'instabilité dans toute la région, et à terme la mise en danger territoriale de leur pays. 

Barak Obama est particulièrement courageux de soutenir si clairement l'opposition égyptienne, alors qu'à Tel Aviv, personne ne souhaite le départ de Moubarak. Il est trop tôt pour prédire quelle sera la situation en Egypte dans les prochains. Mais les Etats-Unis jouent à un jeu dangereux pour eux. A moins de jouer simultanément sur plusieurs tableaux (ce qui reste dans le domaine du possible), la réalité politique interne égyptienne risque de totalement changer leur politique extérieure dans cette région du monde. Soit Moubarak tire rapidement sa révérence, et la transition démocratique se met en marche, quitte à prendre son temps, avec le risque de voir les Frères musulmans remporter les élections. Mais après tout, vox populi vox dei. Et l'image des USA n'en sortirait que grandie dans l'opinion publique arabe. Soit, le système Moubarak se maintient après son départ prévu en septembre 2011 (pourquoi pas soutenu par des puissances émergentes telles que la Chine déjà fort présente sur le continent africain..), et le camouflet risque d'affaiblir durablement l'influence américaine dans la région, qui n'est déjà pas à son maximum, notamment dans l'opinion publique arabe.

Dans les deux cas, ce sont les relations israélo-américaines qui risquent de pâtir de la situation. Mais comment reprocher à un pays d'accéder à la démocratie, si tel est vraiment le cas? Les mouvements islamistes naissent justement du manque de démocratie et de prospérité. Israël devrait montrer davantage d'optimisme face à ces mouvements populaires. Pourtant, M. Netanyahou privilégie le maintien de Moubarak au pouvoir. Comment Israël va justifier un tel positionnement dans le futur ? 

En attendant, les pierres volent Place Tahrir entre pro et anti-Moubarak. De là à rebaptiser la place du nom de Saint-Pierre du Caire.. il n'y a qu'un pas que Moïse hésite encore à faire.

Carte de situation (DR)